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La vie du 4

LE DEVOIR DE TOUT CITOYEN EST DE DEFENDRE SON PAYS EN DANGER

Le 10 août 1933,je comparais au bureau de recrutement, à l’hôtel de ville de Bruxelles. Je suis déclaré apte au service militaire et désigné comme milicien classe 1934.
Le 7 septembre 1933, je sollicite appartenir aux Troupes de Transmission (TTR)
Le 20 septembre, je participe à l’examen prévu aux TTR.
Le 22 mai 1934, je suis désigné pour le régiment des Troupes de Transmission.
Le 15 octobre 1934, je dois accomplir douze mois de service actif. Mon matricule sera le 289-8270, classe 1934.
Je suis affecté à la III radio - 2è Compagnie.    
Ma taille est de 1.775 m. La couleur des cheveux : blonds - bouclés.
Le 16 octobre 1934, je suis nommé Caporal.
Aptitudes particulières: parle le français et l’écrit, sait rouler à vélo. Instruction spéciale reçue: électricien de groupe électrogène et opérateur E.R.P. (émetteur - récepteur portatif).

Conduite : très bonne
Manière de servir : très bonne.

En congé sans solde     =      le 13 - 10 - 35
En congé illimité           =      le 15 - 10 - 35
Rentré sous les armes  =      le 14 - 09 - 37
En congé illimité           =      le 13 - 10 - 37
Rentré sous les armes  =      le 28 - 09 - 38
En congé illimité           =      le 02 - 10 - 38
Rentré sous les armes  =      le 01 - 09 - 39
En congé illimité           =      le 10 - 06 - 40 avec certificat allemand : ENTLASSUNGSCHEIN

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Beverloo : Camp militaire, un mois d’exercices révisionnels : adaptation aux nouveaux postes de radio, tir au fusil avec masque à gaz, marches.

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Le P.P.R : Mobilisation sur pied de paix renforcé, rappel de cinq classes pour former avec la classe sous les armes, les unités de première ligne.
Le 28 septembre, je suis appelé sous les armes , mais pour quelques jours seulement, puisque le 2 octobre, je suis déjà libéré en raison des événements internationaux. Ce P.P.R. s’est terminé par une leçon d’indiscipline aux soldats qui n’en avaient vraiment pas besoin.
Pour améliorer la mobilisation, l’Etat-major Général décide de le faire en cinq phases.
Phase A = mise sur pied de guerre des régiments actifs
Phase B = rappel des divisions de 1ère réserve dans les provinces de l’EST
Phase C = rappel des autres divisions de 1ère réserve
Phase D = rappel des autres divisions de 2ème réserve
Phase E = mobilisation générale.

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Le 3 septembre 1939, Hitler envahit la Pologne. L’Angleterre et la France lui déclarent la guerre.
Notre mobilisation commence le 26-08-39 par la phase "A ", continue ensuite par la phase "B" le 28-08-39 et s'achève par la phase "C" le 01-09-39., tandis que la phase "D" se fera en deux fois, le 11-09-39 et le 20-09-39, puis la mobilisation générale le 10 mai 40.
Un an après la répétition du P.P.R.-38, nous avons sursauté au coup de sonnette retentissant dans la nuit du 01-09-39; mon épouse et moi-même en étions bouleversés, d'autant qu'un ordre de rejoindre immédiatement l'armée à Grimbergen me fut remis par un agent de police.
A Grimbergen, le nombre de TTR croît d'heure en heure pour former le IV bataillon sur les ordres du Capitaine-Commandant B.E.M (breveté d'Etat-major) DEGREEF (futur Ministre de la défense nationale).
Après deux jours, équipé, le bataillon rejoint la gare de Vilvorde où nous embarquons pour la province de Limbourg, destination Tongres. Ensuite, une marche de dix kilomètres jusqu'à Millen, village situé dans le secteur de la 4 DI (4è division d'infanterie) et réservé à notre cantonnement. Un patelin de campagne, comme tant d'autres, avec l'Eglise, le cimetière, l'Ecole, la maison communale, trois ou quatre estaminets, quelques fermes, des prairies, beaucoup de vaches, un terrain de football.
Depuis très peu de temps, installés, organisés, théories revues, pratique déclenchée, notre emplacement tactique désigné sur le canal Albert, et nous entamons les exercices d'alerte.
Dès les premières semaines de la mobilisation à Millen, le Commandant, par ses conseils, ses directives éclairées, parvenait à réduire le délai de mise en alerte de l'unité. Beaucoup d'entre nous ont maugréé contre cet ordre ! Et pourtant, après un certain nombre de jours, nous fûmes les premiers à reconnaître le résultat positif et utile de telle consigne. Ce délai qui au début fut de plus de trois heures s'était réduit à 28 minutes exactement, ce qui sous-entendait, le réveil, l'habillement, le chargement du matériel et le départ vers les "positions". Les exercices d'alerte furent nombreux.
Malgré les vicissitudes du service militaire en temps de mobilisation, les inconvénients et tracas de la vie familiale, pour la majorité d'entre nous (certains avaient 36 ans) le moral fut généralement bon. Il serait long et difficile de tenter d'exprimer les bonnes et mauvaises choses résumées en quelques lignes. Que de pages ne pourrait-on écrire en nous rappelant notre IV bataillon où la camaraderie, le rendement et l'efficacité dans l'exécution de nos missions furent reconnues.
Une mission consistait en un exercice d'alerte qui à tout moment, du jour ou de la nuit, l'heure "H" fixée, déclenchait une opération à l'échelle du bataillon, de la division d'infanterie (D.I), ou du corps d'armée (C.A) et chaque équipe devait atteindre son emplacement tactique sur le Canal Albert dans le plus bref délai. Une équipe se composait d'un gradé et quatre hommes. Le chef d'équipe, le plus souvent un caporal, était responsable du matériel, des hommes et de la réussite de l'opération en cours. Le caporal rassemblait les hommes, le matériel radio, les vivres, les armes, les munitions , le tout étant chargé sur le camion réservé à cette fin pour un secteur du canal Albert. Arrivés sur place, l'installation du poste terminée, le lancement de l'indicatif de service , dans le réseau, se faisait immédiatement et nous attendions l'accusé de réception par le poste-chef nous autorisant à intervenir. Un réseau spécial d'écoute,installé au cantonnement, avait la mission de suivre, de contrôler, de consigner par écrit, tout ce qui se passait dans notre réseau.
Un autre jour, une autre alerte. Sortant des bois de Lanaeken, au petit jour, les grandes manoeuvres terminées, les hommes fatigués se précipitèrent dans le camion qui démarra, tout aussitôt à très vive allure, pour rejoindre le cantonnement et retrouver leur paillasse. Brusquement, le camion se retourna dans un virage à Kleine Spauwen, le véhicule fut déporté , arracha au passage le poteau indicateur, la borne kilométrique, le poteau télégraphique en "A", le tout dans le fossé, roues en l'air. Conséquences: postes de radio, matériel, armes et hommes se retrouvèrent, méli-mélo, cabossés ou blessés. Le plus grave se passait dans la cabine conductrice, le chauffeur avait traversé le pare-brise et le convoyeur avait une main arrachée. Bref, de quoi nous réveiller ! Tout ceci amena une enquête serrée et le partage des responsabilités. Nous ne vîmes plus jamais le chauffeur ou le convoyeur au bataillon.
Une belle émotion, un avant-goût avant les hostilités !
L'emplacement tactique de mon équipe au canal Albert se situait aux environs de Veldwezelt, juste à la briqueterie de Kesselt, soit à 1 Km de la frontière hollandaise et plus ou moins 5 Km de Maastricht.
Entretemps, un premier rôle de permissions a été élaboré. Il accorde trois jours de congé, voyage aller-retour inclus. Les premiers permissionnaires revenus, le moral tombait en flèche. En effet, toutes sortes de rumeurs circulaient. On rapportait bien des choses, entre autres: que des plus jeunes n'étaient pas mobilisés, que d'autres militaires avaient été libérés ? Ces libérations mécontentaient les autres soldats cruellement touchés par ces injustices. Pendant que les libérés gagnent normalement leur vie, les soldats reçoivent une solde de trente centimes par jour. Une recrue est généralement aidée par ses parents, un rappelé doit entretenir sa famille. La solde portée à un franc (01-01-40), soit le prix d'un verre de bière, et les allocations de huit à douze francs pour l'épouse, ne solutionnent pas le problème pour tous. Comme les soldats souffrent de l'hiver rigoureux, de l'injustice des libérations, des besoins de leurs familles, et de la prétendue inutilité de leur sacrifice, ils répètent de plus en plus souvent: " s'il y a du danger, que tout le monde y soit, et s'il n'y en a pas, qu'on nous laisse rentrer chez nous... "
Nous séjournions depuis quelques mois à Millen, lorsque nous quittons le village, pour rejoindre la camp de Beverloo, par une marche de nuit exténuante et une température de moins vingt degrés. Après 15 jours d'exercice de tir, chambre à gaz, etc... le bataillon se rend à Kersbeek-Miskom, dans un château mystérieux...
Là, certains d'entre nous, et principalement les militaires des plus jeunes classes , avaient saboté le tirage des cheminées afin de ne pas devoir rester dans ce château trop humide à leur gré. Après ce mouvement de révolte généralisé, une commission de contrôle et d'hygiène venue sur place pour enquêter découvre la réalité et déclare le château habitable. Aussitôt, le Commandant fait l'appel des hommes par équipe et petit à petit, le bataillon tout entier réintégrera les locaux. Après un bref séjour (15 jours) dans cette région, nous retournerons dans un secteur voisin à notre premier emplacement sue le canal Albert. Cette fois nous sommes attachés respectivement à notre unité. Personnellement, je suis versé aux onzième de ligne (11èL) cantonné à Bilsen, petite ville située au NE de Tongres. L'emplacement tactique de ce régiment de ligne, sue le canal Albert, se trouve à peu près au Sud de Zutendael. Ici, répétition des mêmes exercices d'alerte que précédemment et ce jusqu'à l'agression de notre territoire par l'armée allemande.

Le Journal d'Alfred LEFRANC

1934 - 1939

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E P I T O M E
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Journal d'Alfred Lefranc 1940.