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La vie du 4

Le Journal d'Alfred LEFRANC

Résistance

Une Histoire d'Honneur


Après la défaite de mai 1940, je désirais continuer la lutte !

J'échoue dans une première tentative de rallier la Résistance.

Je piaffe d'impatience...! Je distribue un très grand nombre de "LIBRE BELGIQUE" à mes risques et périls.

Les allemands brouillent les radios. Les nouvelles ne nous parviennent plus. Je prends mes dispositions et capte les dernières nouvelles de Londres, en code morse, la nuit à 3 heures; afin de renseigner mon entourage privé d'information. Une continuité en quelque sorte, dans l'accomplissement de ma mission de radio-télégraphiste.

Les semaines, les mois passèrent. Je continuais d'opérer silencieusement. Finalement je suis sollicité par le groupe DIRIX de la Résistance armée. Un point de départ, une promesse.

Au début de 1941, Paul Hoornaert, avocat à Liège, Lieutenant-Patrouilleur de la Guerre 1914-1918, créa dans tout le pays des groupes d'hommes s'organisant militairement, se livrant à des exercices et attendant l'occasion de participer à un soulèvement national contre l'occupant. Fernand Dirix, de Bruxelles fut son adjoint direct.

La Gestapo entra en action contre nos groupes et dans toutes les régions il y eut des dizaines d'arrestations. Des armes stockées furent découvertes à Liège et à Bruxelles. Plusieurs dirigeants furent sévèrement condamnés par les Conseils de guerre, d'autres se virent simplement déportés en Allemagne. Fernand Dirix et Paul Hornaert furent condamnés. F. Dirix fut libéré du camp de Merxplas. P. Hornaert était incarcéré, déporté et condamné à 15 ans de travaux forcés. Mais l'action continuait... Des sections entière comme Bruges, Courtrai, Liège, Hasselt subirent la terreur allemande. Des camarades furent fusillés.

En décembre 1942, Fernand Dirix et 7 autres gradés furent enfermés à la citadelle de Huy. Libérés, à l'exception d'un seul, F. Dirix devint Chef du Groupe depuis l'absence de P. Hoornnaert passé au service "ATHOS" oeuvrant pour l'intelligence service.

Le Groupe travaillera avec d'autres organisations de résistance, telles que : MNR (mouvement national royaliste), l'AS (armée secrète), l'AB (armée blanche), le MNB (mouvement national belge).

En 1944, Fernand Dirix mit officiellement  son effectif bruxellois (dont je fus), c-à-d, une compagnie complète de 240 hommes encadrés et organisés, et ses sections de province, à la disposition du Général GRAFF, Commandant du mouvement national royaliste  (dont je possède le diplôme).

Le 2 septembre 1944, le groupe était alerté et le dimanche 3 septembre 1944, dans l'après-midi, les hommes étaient mobilisés et rejoignaient les emplacements prévus, revêtaient la tenue militaire belge et se procuraient les armes indispensables.

A 19 heures, la Compagnie mobile de Bruxelles (auquel j'appartenais) occupait l'athénée communal d'Etterbeek. Là, j'eus la surprise et le plaisir de rencontrer mon Commandant Degreef du IV Bataillon TTR, de même que son fils. La Compagnie mobile eut l'honneur d'être désignée pour les premières gardes au Palais Royal de Bruxelles. Elle put également participer à la concentration des prisonniers de guerre, à l'école royale militaire. Des missions de nettoyage furent exécutées dans les environs de la capitale. Treize SS Flandre et Wallonie furent ses prisonniers. Pour la Compagnie mobile, le Colonel BEM Bouha, était le Chef du MNR Brabant

La Résistance fut pour moi une histoire d'Honneur née de la volonté de refuser la défaite, elle n'avait pas d' autre raison d'être. En effet, nous résistants, n'étions pas du même milieu, nos appartenances politiques pouvaient être divergentes et nos rêves de vie diamétralement opposés. Mais entre 1940 et 1944, nous avions choisi le même bord, celui de la Résistance.

Les résistants étaient des gens ordinaires qui, par moments avaient des moments extraordinaires. Il y avait d'admirables soldats de l'ombre. Tous rêvaient de la Société qui pouvait naître de l'après-résistance. (La médaille de la Résistance armée m'a été décernée le 9 mars 1948)

Cette guerre, je l'ai faite parce qu'un devoir sacré m'enjoignait de défendre ma Patrie menacée dans son existence. La paix et la liberté sont des biens d'une valeur inestimable. Telle est mon opinion civique.... mais il doit exister une contre-opinion!


A. F.

Journal d'Alfred Lefranc 1940. #Haut.
#LEFRANC.
Le soldat radio-télégraphiste.